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Sainte-Croix sous le charme d’Halloween : promenade au royaume des sortilèges
- 10 min read
- octobre 24, 2026
- by Mado-Magazine
Il semblerait qu’un sort se soit abattu sur Sainte-Croix. Depuis une semaine, le parc animalier mosellan a changé d’allure : les citrouilles envahissent les allées et d’étranges silhouettes surgissent ça et là. Sous l’effet d’une mystérieuse malédiction, les sentiers familiers conduisent désormais vers des contrées insolites, les décors semblent dissimuler quelques secrets et chaque détour promet son lot de surprises. On raconte que Tissandra, la Sorcière des Vents, est de retour. Et à voir le royaume qu’elle a commencé à façonner, elle n’a manifestement pas l’intention de repartir de sitôt. Pour lever le sortilège, il faudra partir à la recherche d’indices, traverser quatre univers ensorcelés et reconstituer une potion magique. Mais avant de se lancer dans cette quête, impossible de ne pas se laisser happer par la magie du décor. Les courges de toutes formes et de toutes tailles se comptent par milliers, les chapeaux pointus se balancent au-dessus des allées et les squelettes semblent monter la garde. Tout est pensé pour que l’on se prenne au jeu, que l’on se laisse guider par la curiosité et que l’on retrouve, le temps d’une visite, le plaisir de croire aux histoires extraordinaires.
Au Cirque de l’Étrange, les curiosités entrent en piste
Notre première étape nous entraîne vers les vestiges d’une fête foraine oubliée, ressuscitée pour l’occasion. Sur de grandes affiches aux allures d’un autre siècle, des personnages singuliers nous fixent depuis leur papier jauni : l’homme à trois jambes, la femme à barbe, Elephant Man… L’odeur de pop-corn chaud et de pommes d’amour géantes flotte dans l’air, la barbe à papa file entre les doigts comme des toiles d’araignées roses, tandis qu’un orgue de barbarie égraine une mélodie mystérieuse et entraînante digne d’un film de Tim Burton. L’atmosphère joue joyeusement avec les codes du Freak Show et les enfants, souvent grimés, circulent entre les attractions avec l’enthousiasme de ceux qui ont déjà un pied dans l’histoire. Ici, les visiteurs ne se contentent pas de regarder le décor, ils en deviennent les personnages. Soudain, la voix théâtrale et complice d’un bonimenteur nous invite au spectacle. Plus loin, une immense toile de tente rouge et jaune bat au vent. Alors, forcément, on s’approche. Sous le grand chapiteaux, place à la poésie. Une femme à barbe et un artiste se partagent la scène, enchaînant les numéros de diabolo et les jeux d’adresse. Dans le public, les enfants sont captivés. L’étrangeté annoncée par les affiches a laissé place à quelque chose de plus espiègle : un spectacle de cirque où l’on s’émerveille davantage qu’on ne tremble. C’est tout le paradoxe de cet Halloween. On vient à la rencontre de sorcières, de créatures insolites et d’univers inquiétants, mais la peur reste ici une compagne de jeu. Elle se glisse dans les décors, se niche dans les recoins d’un labyrinthe, puis s’efface devant un numéro de cirque ou un éclat de rire. Le parc cultive le goût du bizarre sans oublier son public : les familles et les enfants sont au cœur de cette aventure, invités à frissonner juste ce qu’il faut. Et si le maquillage est de la partie, c’est aussi parce qu’à Sainte-Croix, chacun peut prendre part à la fête. Les pinceaux sont à disposition tout au long de la journée pour transformer les petits visiteurs en sorcières, monstres ou autres créatures de leur invention.
Dans l’Antre de la Peur, les apparences sont parfois trompeuses
Nous quittons les chapiteaux, les personnages extravagants et les parfums de sucre pour nous aventurer dans un tout autre territoire. Pour rejoindre l’Antre de la Peur, il faut d’abord emprunter un passage qui donne le ton. Au-dessus de nos têtes, des toiles d’araignée s’étendent dans le décor, peuplé de petites créatures qui semblent guetter les visiteurs. Une transition à l’atmosphère inquiétante, qui nous plonge progressivement dans cet univers où les frissons changent de nature. Le chemin nous mène jusqu’au Cratère des insectes. Ici, les araignées et les insectes ne sont pas seulement là pour provoquer quelques grimaces. Une animatrice nous invite à changer de regard sur ces animaux souvent mal-aimés, en expliquant leur rôle essentiel dans les écosystèmes. Que se passerait-il s’ils venaient à disparaître ? À quoi servent-ils réellement ? Derrière la peur ou le dégoût se cachent des fonctions indispensables, que l’on prend rarement le temps d’observer. L’expérience va même jusqu’à proposer une dégustation. Petits vers, grillons grillés, il faut alors accepter de bousculer un peu ses habitudes, et peut-être ses papilles. Si certains enfants grimacent, d’autres s’en donnent à cœur joie. L’exercice est amusant, parfois déroutant, mais il rappelle surtout que l’inconnu mérite parfois qu’on s’y intéresse avant de le rejeter. À Sainte-Croix, les frissons deviennent une occasion d’apprendre.
Quand Halloween rencontre les habitants du parc
Car il ne faudrait pas oublier l’essentiel : derrière les décors ensorcelés, Sainte-Croix reste avant tout un parc animalier. Et c’est aussi ce qui fait la singularité de cette fête d’Halloween. Entre deux univers fantastiques, il suffit de reprendre les chemins pour retrouver les véritables habitants des lieux. Ici, l’imaginaire se mêle à la découverte du vivant, et la promenade réserve autant de surprises du côté des décors que des enclos. On peut ainsi pénétrer dans l’espace des lémuriens et les observer évoluer dans leur environnement, à quelques pas seulement des visiteurs. Un peu plus loin, les chiens de prairie se découvrent eux aussi au plus près, leur vie de groupe, leurs allées et venues et leurs cris bien spécifiques offrent un spectacle à part entière. Puis, au fil des sentiers, les rencontres se poursuivent : chez les loups gris certains se reposent pendant que d’autres s’élancent dans des courses-poursuite, tandis que les chèvres naines apportent une touche plus familière mais pas moins appréciée à cette traversée du parc. Autant d’occasions de ralentir, de regarder et de se laisser surprendre par le comportement des animaux. Les animations automnales prolongent cette rencontre entre Halloween et le monde animal. Certaines séances de nourrissage s’accordent au thème de la saison, avec des citrouilles proposées aux pensionnaires sous différentes formes. Le décor fantastique trouve alors un écho inattendu dans la vie du parc : ce qui sert d’accessoire aux sorcières devient aussi une source d’enrichissement pour certains animaux. C’est toute la particularité de Sainte-Croix : au détour d’un chemin, on passe d’un univers peuplé de créatures imaginaires à la contemplation d’un animal bien réel. L’ambiance festive s’efface un instant, le rythme ralentit et l’attention se porte ailleurs. Car au-delà des spectacles et des sortilèges, le parc invite aussi à prendre le temps d’observer ceux qui l’habitent toute l’année. Et c’est peut-être là que réside une autre forme de magie : celle de la nature, qui n’a pas besoin d’artifices pour retenir notre attention.
Entre épouvantails, sorcières et spectacles ensorcelés
À la Ferme aux Citrouilles, entre récoltes automnales et épouvantails prêts à s’animer dès qu’on leur tourne le dos, le lieu réserve un clin d’œil aux traditions régionales : en Moselle, on sculpte les betteraves pour Halloween, une coutume ancienne à laquelle les visiteurs peuvent s’essayer lors d’ateliers de découpe pour donner forme à leurs propres créations. Un peu plus loin, le Village des Sorcières nous entraîne dans un univers où les plantes et leurs propriétés nourrissent les histoires de magie. C’est ici que la quête de Tissandra prend une nouvelle dimension. Guidés par Néo, les visiteurs doivent retrouver des indices et rassembler les ingrédients nécessaires à la préparation d’une potion magique. Il ne s’agit plus seulement de contempler les décors : il faut observer, chercher et se prendre au jeu pour espérer lever le sortilège.
Et pour prolonger l’aventure, les spectacles et les personnages déambulant dans le parc viennent ponctuer la visite. Highway to Hell, Nouvelle Ère au Château, Bêtes et Sorcières, Screaming Pumpkin’s ou encore la nouveauté Berruka composent un programme aux ambiances variées, entre mystère, frissons et moments plus décalés. Au parc animalier de Sainte-Croix, Halloween se découvre au fil des pas : on suit une piste, on s’arrête devant un spectacle, on croise un personnage inattendu, puis on reprend son chemin. D’un univers à l’autre, la visite se dessine au gré des découvertes, sans jamais suivre tout à fait le parcours que l’on avait imaginé. Plutôt que de vouloir tout voir à toute vitesse, mieux vaut garder une part de spontanéité et se laisser guider par sa curiosité. Après tout, dans ce royaume ensorcelé, les surprises les plus mémorables ne sont pas toujours celles que l’on était venu chercher.
Quand le jour décline, le sortilège continue
Au fil des allées, le parc compose un étrange théâtre où l’humour noir côtoie le merveilleux, où les décors les plus extravagants se mêlent à la vie sauvage. À mesure que la lumière décline, les silhouettes se découpent autrement, les ombres gagnent du terrain et l’atmosphère se charge d’une étrangeté nouvelle. Les 30 et 31 octobre, la fermeture repoussée à 19 heures permet de prolonger cette parenthèse, à l’heure où le jour laisse place à la nuit et où Halloween semble prendre toute sa mesure. Reste à savoir si les visiteurs parviendront à déjouer les plans de Tissandra. Mais au-delà de la quête, c’est peut-être là que réside la réussite de cette édition : dans cette façon de faire vaciller, le temps d’une promenade, les frontières entre le familier et l’insolite. À Sainte-Croix, la magie ne tient pas tant à ce que l’on croit qu’à ce que l’on accepte, un instant, de regarder autrement.
Halloween à Sainte-Croix, du 17 octobre au 1er novembre 2026
Parc Animalier de Sainte-Croix, à Rhodes, en Moselle.
Les 30 et 31 octobre, le parc joue les prolongations et ferme à 19 h pour se découvrir à la nuit tombée.
Article réalisé par Emma Schneider
Crédit photos : Camille Rocchi et Guillaume Ammou
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